Lexibar et Antidote : des logiciels complémentaires en orthopédagogie
Les outils technologiques ont démontré au fil des ans leur efficacité à soutenir les élèves ayant des troubles d’apprentissage. L’orthopédagogue Eugénie Pettigrew-Leydier prône leur accès universel tout au long du parcours scolaire. Elle fait cependant valoir l’importance d’un encadrement personnalisé pour veiller à leur bonne maitrise et assurer des effets positifs durables.
Cet article présente deux logiciels qu’elle utilise au quotidien pour pallier les faiblesses en lecture et en écriture : Lexibar et Antidote. Elle nous explique comment leurs fonctions respectives lui permettent d’adapter ses interventions selon l’évolution des élèves et aident ces derniers à développer leur autonomie. Découvrez également trois cas de figure qui illustrent la complémentarité des deux outils.
Deux logiciels pour développer l’autonomie en écriture
Les logiciels d’aide à l’écriture se révèlent indispensables pour parfaire les connaissances des élèves présentant des troubles d’apprentissage, mais également pour stimuler leur motivation et valoriser leur potentiel.
« Le mode d’évaluation dans le système scolaire est basé sur la lecture et l’écriture, remarque Eugénie Pettigrew-Leydier, ce qui pénalise les élèves pour qui cela représente une faiblesse. Plusieurs se retrouvent en situation d’échec, alors qu’ils arrivent pourtant à bien s’exprimer verbalement, à concevoir des idées complexes ou à créer des contenus élaborés. »
Devant ce constat, la technologie n’a rien d’une béquille favorisant la paresse intellectuelle. Au contraire, son usage contribue à surmonter les difficultés. « De la même manière qu’une personne myope porte des lunettes, les élèves ont recours aux outils d’aide technologiques pour les soutenir dans leur apprentissage », poursuit Mme Pettigrew-Leydier.
Dans le cadre de ses interventions, elle montre d’abord aux élèves comment utiliser Lexibar en cours d’écriture, pour les aider à passer plus facilement des idées au texte. Ensuite, elle les invite à se servir d’Antidote pour la révision linguistique et grammaticale. Puisque les logiciels ne font pas le travail à leur place, les élèves doivent s’impliquer pendant le processus de rédaction et apprendre à faire des choix éclairés.
Tableau comparatif de Lexibar et Antidote
Les deux outils ont en commun de corriger l’orthographe, et chacun possède des atouts complémentaires pour répondre à des besoins ciblés.
| Lexibar | Antidote | |
|---|---|---|
| Objectifs | Soutenir la compréhension de lecture et améliorer l’orthographe lexicale | Améliorer l’orthographe grammaticale avec un correcteur et des ouvrages de référence |
| Étendue |
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| Activation |
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| Interface | Code de couleurs, illustrations et prédicteurs de mots |
Détections soulignées dans le texte avec infobulles explicatives |
| Outils |
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| Contexte d’utilisation |
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L’encadrement nécessaire à la bonne utilisation des logiciels
L’apprivoisement d’un nouveau logiciel peut représenter un défi pour les élèves ayant des difficultés d’apprentissage. « Une partie de mon rôle consiste à encadrer l’intégration de ces outils, affirme Eugénie Pettigrew-Leydier. Par exemple, avec Antidote, je commence par présenter les éléments du correcteur, comme les couleurs de soulignés du volet Langue ou les filtres du volet Style. Je me sers d’un texte qui comporte peu d’erreurs pour éviter que l’élève se décourage en voyant des traits rouges partout. »
Qui plus est, elle observe que, même si la jeune génération est née entourée d’écrans, bon nombre d’élèves ne possèdent pas une bonne littératie numérique. Il leur faut développer les compétences techniques et cognitives nécessaires pour utiliser correctement les logiciels et analyser l’information. D’où l’importance de l’encadrement à chaque étape de leur évolution.
Avec les plus jeunes, elle cultive l’intérêt à l’aide de jeux interactifs et d’illustrations. À l’adolescence, les élèves maitrisent déjà mieux l’informatique. Elle peut alors intégrer d’autres outils et leur montrer comment bien s’en servir. Aux études supérieures, les besoins sont plutôt axés sur le développement d’une méthode de révision efficace, de stratégies de préparation aux évaluations et de bonnes habitudes pour consulter les ouvrages de référence.
Par ailleurs, les outils informatiques se révèlent aussi bénéfiques pour les personnes allophones en processus de francisation. Sans nécessairement présenter de trouble d’apprentissage, ces élèves accusent parfois un certain retard en raison du défi que représente la maitrise d’une nouvelle langue en même temps que la matière à l’étude.
« Je cible les fonctionnalités pertinentes et les introduis de façon graduelle pour que l’élève prenne conscience des bénéfices du logiciel, gagne en confiance et développe plus solidement son autonomie », précise l’orthopédagogue.
Cas de figure illustrant la complémentarité de Lexibar et d’Antidote
Voici trois situations où ces deux logiciels accompagnent les élèves tout au long de leur apprentissage.
Cas no 1 : Floriane, 10 ans, diagnostic de dyslexie et de dysorthographie
Floriane a beaucoup d’imagination et adore inventer des histoires, mais quand elle essaie de les mettre sur papier, tout s’embrouille. Les lettres se mélangent et elle panique. Elle aime les bandes dessinées et rêve d’en créer, mais sa dyslexie la fatigue rapidement et sa dysorthographie la gêne au point de lui couper l’inspiration.
Pour l’aider à sortir ses idées de sa tête et à les transposer à l’écrit, elle apprend à utiliser le prédicteur phonétique de Lexibar. Celui-ci l’accompagne en cours de frappe, ce qui lui redonne confiance en elle. Grâce à la fonction d’illustrations, elle s’assure aussi d’employer les bons homophones.
Floriane explore également les dictionnaires d’Antidote, comme celui de champs lexicaux et celui de synonymes, pour choisir des noms, des adjectifs et des verbes. Ces éléments embelliront et enrichiront ses histoires. Elle a même récemment commencé à écrire des poèmes pour sa famille et ses camarades de classe en puisant dans le dictionnaire de rimes.
Cas no 2 : Samuel, 16 ans, diagnostic de TDAH
Samuel est convaincu qu’il échouera à son épreuve ministérielle de français écrit, ce qui le frustre et le démotive. Lorsqu’il ne s’applique pas, son déficit d’attention lui fait tourner les coins ronds. Il inverse ou omet des lettres. Il écrit au fil de sa pensée ramifiée et ses textes sont tarabiscotés. En revanche, il adore s’exprimer en public et excelle dans les exposés oraux.
La fonction de Lexibar qu’il préfère, c’est la synthèse vocale qui lui offre une rétroaction orale de son texte pour en valider le contenu. Il aime aussi parfois désactiver les illustrations pour réduire les distractions.
Avec le correcteur d’Antidote, il développe le doute orthographique, c’est-à-dire qu’il prend le temps de réfléchir à ce qu’il écrit et de vérifier les bons accords grammaticaux. Il se décourage de moins en moins devant les soulignés rouges, car il apprend à corriger une erreur à la fois. Pour mieux structurer ses idées, il s’est mis au défi de ne jamais dépasser vingt mots par phrase à l’aide d’un filtre de style.
❤️ La fonction coup de cœur d’Eugénie Pettigrew-Leydier
« J’aime beaucoup le filtre de lisibilité Phrases longues, dans le correcteur d’Antidote. Il est très pratique pour les élèves qui écrivent au fil de leur pensée et qui ont du mal à conclure leurs phrases. Il aide à clarifier et à segmenter leurs idées. »
Cas no 3 : Lena, 20 ans, nouvelle arrivante, étudiante en médecine
Lena suit des cours de francisation pendant ses études universitaires. Elle a du mal à assimiler la matière, car le français est sa troisième langue. Elle est pourtant studieuse, appliquée et bien organisée, et brillerait certainement dans sa langue maternelle. Mais elle angoisse à l’idée de remettre son premier compte-rendu en français.
Comme elle écrit parfois au son, le prédicteur phonétique de Lexibar lui offre des suggestions en cours de frappe. Le vérificateur d’orthographe l’aide aussi à valider la graphie de certains mots (doubles consonnes et lettres muettes).
Une fois son premier jet terminé, Lena se sert des infobulles du correcteur d’Antidote pour réviser et améliorer son texte. Elle aime non seulement la brève explication qui l’aide à comprendre ses erreurs, mais aussi les liens cliquables qui ouvrent les dictionnaires ou les guides à la bonne page. Le prochain défi de Lena : apprivoiser l’usage des signes de ponctuation en français grâce au volet Typographie du correcteur d’Antidote.
L’emploi complémentaire de logiciels comme Lexibar et Antidote facilite l’apprentissage de la langue pour les personnes ayant besoin de soutien en lecture et en écriture. « À force de les utiliser, les élèves prennent graduellement conscience de leurs progrès, souligne Eugénie Pettigrew-Leydier, ce qui contribue à diminuer leur anxiété, à rehausser leur estime de soi et à mieux réguler leurs émotions. Cette donne change complètement leur parcours scolaire, mais aussi leur parcours de vie. »

En 2017, elle fonde Aideor, un service d’orthopédagogie exclusivement virtuel, afin d’accompagner les élèves au-delà des frontières, grâce à une équipe postée aux quatre coins de la planète.


